safeguarding cultural heritage, social and architectural wooden houses in Cuba

Sauvegarde du Patrimoine Culturel, Social et Architectural des Maisons en Bois de Cuba

Sauvegarde du Patrimoine Culturel, Social et Architectural des Maisons en Bois de Cuba

Faire un don, soutenez camaha

Archives

PDF Print
Written by Bruno Panis   
Sunday, 28 November 2010 12:31

Port au Prince, le 28 novembre 2010

Construction de l'atelier à Port au PrinceACTED a contracté un nouveau projet auprès de ses bailleurs pour la construction de 1700 abris sur la zone de Port au Prince.

Début des opérations :

  • sélectionner un terrain où nous pourrons mettre en œuvre un atelier comme à Léogane. Il nous faut un terrain 2 fois plus grand, avec toute la logistique nécessaire (stock bois et quincaillerie, tôles, plywood (contreplaqué), bureau, générateur, gardiennage, latrines et douches, réfectoire). Ce terrain a été débusqué par ACTED, dans la zone aéroportuaire, à un prix fort élevé et pour une période réduite. Il faut bien savoir que la spéculation immobilière fait partie du jeu... toutes les ONG qui travaillent en Haïti en sont pour partie la cause et les propriétaires de terrains s’en mettent plein les fouilles, tant que ça dure.

Début des travaux :

  • Le terrain sélectionné a dû être sécurisé,
  • Nivelage de la zone atelier vers le 15 septembre,
  • Drainage : nous nous sommes aperçus, après les fortes pluies d’octobre, que le terrain était un vrais bourbier, plein d’eau et qu’il fallait donc sortir l’eau ! Et oui , c’était pas prévu…
  • L’abri  que nous devons produire à Port au Prince n’est pas tout à fait le même modèle qu’à Léogane. Le bailleur principal a demandé qu’il soit bardé plywood, ce qui a nécessité un remodelage des dimensions pour éviter  trop de chutes de panneaux. Il fait donc maintenant 18.5m2, bardé plywood et couverture tôle, avec un système de récupération des eaux pluviales (gouttières PVC et descentes  flexibles ainsi qu’un réservoir pour stocker l’eau).

Une vue poétique de l’atelier, en second plan d’un pied de maÏs rescapé de la razzia qui a été effectuée sur le terrain pour l’opération. Avant c’était un grand maraicher …

Nous sommes fin Novembre :

  • l’atelier est en passe d’être terminé. Les zones de travail situées en dessous sont en construction.
  • 1er approvisionnement de bois (750m3 soit 40% de la totalité) qui devra être stocké sur le terrain.


Le début de la production est prévu le 15 décembre, si tous les composants sont là : A SUIVRE !

Tout le problème sur la zone de Port au Prince réside dans la recherche du bénéficiaire avec une parcelle assez grande pour pouvoir y poser un abri de 18.5m2.

En effet, la majorité des quartiers, qui ont été définis pour cet usage, sont d’anciens quartiers populaires, en partie détruits, aux constructions imbriquées les unes aux autres avec des venelles très étroites et à flanc de colline. D’où un approvisionnement rendu très difficile et une sélection des bénéficiaires également plus compliquée.

Prévisionnel :

  • La totalité des 1700 abris pour Port au Prince devrait être livrée pour juin 2011
  • Un autre projet de la même importance sera produit dans le même atelier, si le propriétaire ne désire pas récupérer son fond de commerce.

Situation sociale :

Les faits marquants de cette fin novembre sont les élections des députés et du président de la république d’Haïti, après une campagne électorale très disputée. Pour le moment, après quelques mises en garde de l’Ambassade de France auprès de ces concitoyens en poste en Haïti, la situation est assez tranquille. A éviter, les zones des bureaux de vote et autres lieux où se tiennent les meetings politiques. Pour le moment nous n’avons pas d’inquiétudes.

Le Choléra qui a débuté fin octobre dans le nord de l’ile, vers Cap Haïtien, semble se propager un peu partout dans le pays. A nous de nous protéger de cette épidémie, et ce n’est pas très difficile : il faut avoir une bonne hygiène, se laver les mains souvent, boire de l’eau en bouteille ou chlorée, ne pas manger de légumes crus ou non lavés.

Quelques politiques et medias se sont servis du fait de l’épidémie pour envenimer la situation surtout sur Cap Haïtien. Un savant chercheur a trouvé bon de dire que la souche du virus rencontré en Haïti était la même que celle qui a provoqué une épidémie au Népal; il n’en a pas fallu plus pour montrer du doigt le bataillon des forces de la MINUSTAH, originaire du Népal et stationné au même moment à Cap Haïtien.

Des jets de pierres ont eu lieu, des militaires ont riposté. Quelques jours d’émeutes ont suivis mettant la ville à feu et à sang. On dénombre quelques morts et des blessés.

Un cyclone, assez tardif, début novembre a fait naitre pas mal d’inquiétude au sein de la population et des ONG. Beaucoup de pluies mais pas de vents forts. Quelques villes et villages ont été inondés et quelques noyades de personnes imprudentes sont à déplorer. Evidemment, les camps de réfugiés on trempé dans l’eau et la boue.

Bruno Panis
Chef de mission « Camaha pour Haïti »