SALVAGUARDIA del PATRIMONIO Cultural, Social, Arquitectonico de CASAS DE MADERA EN CUBA

Sauvegarde du Patrimoine Culturel, Social et Architectural des Maisons en Bois de Cuba

Sauvegarde du Patrimoine Culturel, Social et Architectural des Maisons en Bois de Cuba

Jueves 01 de Julio de 2010 17:28


Bruno Panis, Chef de mission « Camaha pour Haïti » nous rend compte chaque mois des dernières évolutions sur le terrain. 

LEOGANE, le 1er juillet 2010 :

Suite des pérégrinations Acted, depuis le mois de mai, quelques avancées notoires:

  • L’atelier est finalement couvert avec de la tôle. Même très fine, c’est toujours mieux que la bâche qui nous avait été fournie pour cette opération et qui commençait sérieusement à fuir, au bout d’un mois de mise en service (saison des pluies, vents violents).


  • L’ agencement intérieur de l’atelier est opérationnel.

  • Des racks de rangement sont en cours de fabrication et d’installation sur le compound. Ils vont recevoir le bois qui va servir à la construction.

  • Le projet Léogane comprend la construction de 2000 cases.

  • 20 racks d’une capacité totale de 225 m3 devraient nous servir à construire quelques 250 cases, à raison de 20 cases par jour. Il nous faudra 225m3 tous les 12 jours.

  • Il est prévu de construire 20 cases par jour, cela fait 140 murs et autres structures à tailler, assembler, mettre en kit et expédier.

Or, si l'on en construit 20 par jour il faudra que sur les chantiers nous en mettions 20 en œuvre, sinon la machine s’enraye. C’est ici que je doute beaucoup de l’organisation que propose Acted: à savoir qu'après avoir sélectionné les bénéficiaires, un chef de chantier et un mobilisateur doivent contacter le bénéficiaire pour déterminer l’endroit d’implantation et lui faire creuser des fondations (8 plots de 50*50*50). Jusque là, rien de trop grave. Mais ensuite, le bénéficiaire est en charge de lever sa case avec l’aide d’un chef de chantier présent pour l'aide technique, et c’est à ce stade que j’émets des réserves ! Mais pourquoi pas...

Pour l’instant, je suis en charge de sélectionner un conducteur pour l’opération. Il devra se former avec moi à tout ce qui touche à l’opération et assurer la continuité, car, dès que tout est en place, je dois partir sur une autre opération Acted (la même chose, 2500 cases sur Port-au-Prince, soit 3 mois de contrat Acted en plus).

Nous étions parti pour 1 mois sur Léogane + 1 mois sur Port-au-Prince et 6 mois de suivi. Nous en sommes donc au 4ème mois (uniquement pour Léogane) de la collaboration Acted/Camaha pour Haïti. Vu la tournure des événements, il se pourrait bien que cela dure encore un bon moment.

Prévisionnel

Nous devons nous faire connaitre du public et des institutions pour ce que nous proposons: des bâtiments en bois, modulables, étudiés pour un confort climatique mais sans apport de climatisation. Il faut savoir que le réseau électrique qui n’était pas fameux avant la catastrophe ne s’est amélioré et la majorité de l’alimentation en électricité se fait par groupes électrogènes.

L’eau potable non plus, n’est pas en réseau et toujours distribuée par camion citernes. Les réseaux d'eaux usées n’existent pas.

Nous avons contacté un grand nombre d’organisations, ONG et autres qui travaillent en Haïti, pour leur proposer des modèles adaptables à leurs besoins. Pour le moment, il semblerait qu’ils attendent de voir un modèle construit et mis en œuvre. Chose à laquelle nous devrions remédier dans les prochaines semaines.

Nous avons en vue la location d’une maison sur Port-au-Prince, qui nous permettrait d’accueillir d’autres expatriés, chose qu’il nous est difficile de faire pour le moment.

Nous prévoyons de construire un atelier provisoire, en attendant d’en louer un (prix des locations sur Port-au-Prince aux alentours de 5000$). Ce qui nous permettra de construire ce modèle.

Réhabilitation des maisons créoles en bois datant du 17ème siècle, appelées Gingerbread :

Un programme de réhabilitation de ces demeures gérées par l’ISPAM (équivalent des monuments historiques) se met en place sur Port-au-Prince. Quelques 200 bâtisses sélectionnées dans un quartier de la capitale. FOKAL (Fondation Connaissance et Liberté) est le Maître d'Oeuvre de ces réhabilitations, le programme est à l’étude et nécessite des professionnels pour cela.

Autres projets :

Bien d’autres projets sont à l’étude : écoles, dispensaires, hôpitaux, administrations. Il est sans doute un peu tôt pour le lancement de tous ces besoins: seulement 4 mois après le séisme, les administrations en sont encore à compter leurs blessures.

Aucun plan cadastral n’a jamais existé en Haïti, ce qui explique le désordre dans les constructions et la difficulté à répertorier les dégâts. A ce sujet, un expert en construction anti sismique de « Camaha » devrait intervenir pour Acted sur la région de Léogane, pour identifier les maisons à détruire, celles réparables et celles qui peuvent êtres réintégrées par leurs occupants, qui dorment actuellement toujours sous tente (même si la maison n’a pas été touchée...).

Situation sociale :

Elle reste toujours tendue, pas mal de manifestations à l’encontre des ONG qui sont prises pour cible à défaut d’autres interlocuteurs.

Les élus locaux sont remarquables d’incompétence et certaines mairies privilégient l’enveloppe sous table pour accéder à la signature d’accords. Ces accords qui doivent permettre aux ONG de pouvoir s’installer sur leurs territoires. Quelques unes y accèdent, d’autre pas.


Bruno Panis,
Chef de mission « Camaha pour Haïti »