SALVAGUARDIA del PATRIMONIO Cultural, Social, Arquitectonico de CASAS DE MADERA EN CUBA

Sauvegarde du Patrimoine Culturel, Social et Architectural des Maisons en Bois de Cuba

Sauvegarde du Patrimoine Culturel, Social et Architectural des Maisons en Bois de Cuba

Dans les suites de la Laina

LANCEMENT D'UNE ÉQUIPE LOCALE ET AUTONOME


A la suite du chantier de La Laina, quatre ouvriers parmi les plus volontaires ont formé une équipe indépendante pour continuer leur parcours dans le travail du bois. Dirigé par un formateur de CAMAHA resté sur place pour tenter l'expérience, l'équipe est à l'heure actuelle toujours en activité et malgré les tumultes d'un pays aux conditions de travail difficiles, recherche toujours à atteindre l'autonomie. Regard sur ce parcours.


En juillet 2011, une demande émane d'un particulier pour une rénovation complète d'une charpente/couverture sur une demeure de caractère. C'est l'occasion pour l'équipe d'élargir son éventail de compétences. Les mois de montage et d'assemblage des modules de l'hôpital leur ont donné de bonnes bases de pratique qui seront complétées par cette nouvelle expérience de charpente traditionnelle. Puis par la suite, les chantiers se succèdent, d'autres rénovations dans des demeures de caractère, un deck pour la banque mondiale, du mobilier pour un hôpital,...

 


Au bout d'un an, il est temps pour le formateur de CAMAHA de s'en aller et de laisser à l'équipe le soin de se débrouiller. Une session théorique de deux mois est mise en place pour parfaire l'apprentissage basé sur la pratique et chaque membre de l'équipe apprend à dessiner et lire les plans de base, développer une pièce en 3D, calculer des angles, surfaces, pentes et à référencer les contenus importants dans un cahier personnel.

De plus l'outillage dont dispose maintenant l'équipe compte tous les outils de base et de bonne qualité pour un démarrage d'activité autonome.

Malgré tous ces efforts et investissements, l'équipe sans le formateur a eu du mal par la suite à continuer sur sa lancée. A cela plusieurs raisons.

Premièrement, à l'échelle nationale, Haïti n'est pas un pays où l'économie soutient la production nationale. L'importation est dix fois supérieure à l'exportation et la couverture forestière est réduite à moins de 1% de la couverture d'antan. Donc le matériau bois est très onéreux, souvent de mauvaise qualité et procurable dans des sections restreintes.

De même pour l"outillage (à titre indicatif, une paire de charbon pour une visseuse se vend le prix de deux jours de salaire d'un ouvrier). En conséquence de quoi, les productions locales ne sont jamais d'une grande complexité et souvent issues de l'agriculture naturelle (chocolat brut, café, huile de vétiver...). Il en est de même pour l'artisanat du bois qui reste principalement de la menuiserie telle qu'on la pratiquait au temps des colonies. Les techniques de construction sont orientées presque exclusivement vers le béton et n'offrent qu'un très petit marché pour le bois. Pourtant sur le bilan énergétique, le béton dépasse largement le bois et le béton mal dimensionné comme c'est souvent le cas est un piège mortel pour l'homme en cas de secousse sismique.

Enfin dernière raison qui entrave le fonctionnement des petites productions, le pays est fondé sur une fracture sociale. Il y a une classe très pauvre et une très riche. La dernière verrouille l'éducation, les richesses et ressources. Donc par phénomène de représentation sociale, on donne plus de responsabilités, on confie plus d'argent ou de contrat à quelqu'un qui parlerait davantage français ou anglais que créole, et certainement avec la peau claire. Les travailleurs qui ne rentrent pas dans cette catégorie là ont toutes les chances de rester des forças manuels sans accès à la connaissance et aux compétences dont le salaire journalier ne dépassera jamais quelques dollars si jamais ils ont la chance de travailler.

Malgré tout, l'équipe formée dans les suites du chantier de La Laina, a toujours su même après le départ du formateur continuer une petite activité de menuiserie telle qu'elle se pratique en Haïti. Mais se serait une déception que les valeurs de CAMAHA ne perdurent pas localement.

Actuellement l'équipe avec le formateur CAMAHA retourné sur place cherche en parallèle des activités de construction, à créer un atelier de production avec des matériaux alternatif telle que des structures en tronc de palmier et du mobilier avec des palettes recyclées... Et professionnellement et socialement, nous devons trouver des solutions pour que les compétences évoluent, se diversifient pour que les bénéfices d'une telle opération, passionnée, gratuite puissent se démocratiser.