SAUVEGARDE du PATRIMOINE CULTUREL, SOCIAL, ARCHITECTURAL des MAISONS EN BOIS

Sauvegarde du Patrimoine Culturel, Social et Architectural des Maisons en Bois de Cuba

Sauvegarde du Patrimoine Culturel, Social et Architectural des Maisons en Bois de Cuba

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Samedi, 22 Mai 2010 19:28


Bruno Panis, Chef de mission « Camaha pour Haïti » nous rend compte des dernières évolutions sur le terrain. Ici, la construction de shelters (bungalows) pour les populations sinistrées. L’objectif étant fixé à 40 bungalows par jour

LEOGANE, le 14 mai 2010 :

  • Après quelques tergiversations à propos de la superficie du modèle de shelter à mettre en fabrication, et de sa validation par les UNOPS (cet organisme dépend des Nations Unies et est chargé de valider les plans proposés par les diverses ONG en place), le modèle retenu fera 18m2.

  • L’appel d’offre lancé par ACTED au début de notre contrat a été plusieurs fois remis en question. Il s’agissait au départ d’un 12m2 et d’un 15 m2, les quantités ne correspondant plus, les prix ne sont pas les mêmes. Les bailleurs d’ONG sont très regardants sur la destination de l’argent investi.

  • Malgré cela, nous avons réussi à avoir un peu de matériaux pour construire un premier modèle, qui nous a servi à finaliser le 18m2. Celui-ci est monté dans le compound qui servira de dépôt à ACTED, à Léogane.

  • Il faut savoir que les procédures d’ACTED pour contracter avec une entreprise locale sont très pénalisantes: pour un montant minimum de 100$,  ils doivent lancer une cotation auprès de 4 différentes entreprises.

  • On peut comprendre aisément que cela prenne du temps, au regard de la population locale qui a du mal à lire ou écrire. On peut aussi aisément comprendre pourquoi, au bout de 2 mois de présence,  nous n’ayons pas encore fait grand-chose de concret sur le terrain. Mais il semblerait que depuis 2 semaines tout s’accélère, des matériaux sont arrivés pour la construction de l’atelier,  il sera prêt à lever jeudi 20 Mai et devrait être opérationnel en fin de semaine.

  • Le mur d’enceinte du compound, dont je me suis en partie occupé pour la construction, sera bientôt terminé.

  • Des grilles et portails d’entrées sont en cours de fabrication.

  • Du remblai, provenant des maisons écrasées par le tremblement de terre, a été déblayé par l’ONG américaine CHF. Il doit être répandu sur la surface intérieure du terrain, car la zone est inondable en saison des pluies.

  • Je devrais être en mesure d’organiser les plans de travaux et autres épures qui serviront à tailler les bungalows, mettre l’électricité et installer 2 groupes électrogènes dans le même élan.

  • Restera à recevoir les quelques 2600 tonnes de bois servant à la construction des ces ouvrages.

  • Le matériel électroportatif et la lumière devraient suivre. Nous avons prévu de travailler en 2*8, car il faut sortir 40 bungalows /jours. Un défit ?

  • Mais apparemment ce n’est pas le plus difficile:  ACTED a la charge de sélectionner les bénéficiaires et, bien évidemment, beaucoup de monde se bouscule !

  • Il reste à ma charge de sélectionner des ouvriers pour la fabrication des shelters et la mise en œuvre sur site : manœuvres, ouvriers,  chefs d’équipes (ici nommés « bos charpent »), chefs d’ateliers et conducteurs de travaux. J’ai donc commencé cette sélection à l’occasion de la construction de l’atelier ainsi que la formation des équipes qui vont lever les cases.


Situation politique et sociale tendue:

Il  semblerait que la population Haïtienne  sois assez mécontente de ce que ne fait pas le gouvernement et donc, en ce moment, des manifestations à Port-au-Prince dégénèrent. Tir et  autres caillassages de voitures d’ONG.

La situation est tendue sur la capitale. A Léogane, le calme reste de mise, mis à part quelques tentatives d’intimidations de la part de certains individus pour avoir accès aux distributions ou autres aides.

Certains élus locaux ne sont pas en reste et tentent parfois par tous les moyens de récupérer l’argent des « cash for work » (argent distribué par les ONG qui emploient des ouvriers aux diverses taches), qu’ils déclarent faire travailler en synergie avec les ONG mais qu’ils mettent simplement dans leurs poches.


Bruno Panis,
Chef de mission « Camaha pour Haïti »